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Vos témoignages sur l'autisme

"Parce que mes fils étaient intelligents, l'autisme était exclu d'office"

Angélique, "maman solo, la tête sous l'eau", raconte le diagnostic de son fils à l'adolescence et la normativité d'une société "qui ne fait pas de cadeaux aux neuroatypiques".

Contributrices et contributeurs invités
| 3 min de lecture
Ni folle. Ni angoissée : Angélique est la maman de deux jumeaux atypiques.
Photo de Immo Wegmann sur Unsplash

Alban et Noé sont jumeaux. Dès le tapis d'éveil, j'avais repéré quelques signes qui m'inquiétaient. Mais pédiatres, pédopsychiatre, neuropédiatre, neuropsychologue, psychomotriciennes, ergothérapeute… pendant plus de quinze ans, tous ces spécialistes m'ont prise pour une mère angoissée qui s'inquiétait pour rien. Parce que mes fils étaient intelligents, plus que la moyenne, l'autisme était exclu d'office.

Des enfants très décalés, et finalement en souffrance

Alban savait lire seul à 3 ans et 3 mois. Il s'est littéralement ennuyé à l'école, a sauté le CE2… puis les années collège et la seconde ont été ubuesques. Une survie dans un monde de brutes : le mal-être d'un ovni en complet décalage au milieu d'une jungle bruyante, agitée, trop lumineuse, avec des interactions sociales compliquées - avec les autres élèves, mais aussi et surtout avec certains professeurs. Le diagnostic d'autisme sans déficience intellectuelle n'est tombé qu'à ses 16 ans. Depuis quatre ans, il est déscolarisé et suit tant bien que mal une terminale au CNED.

Noé, lui, n'a pas de diagnostic d'autisme, mais celui d'un TDAH et de troubles de l'humeur. Sa planification et ses fonctions exécutives sont très impactées, peut-être même davantage que celles de son jumeau.

Certes, ils ont toujours été des enfants qui s'exprimaient très bien, avec des centres d'intérêt et des réflexions qui impressionnaient les adultes. Mais ils ont aussi été très décalés, et finalement en souffrance d'être si différents dans une société normative qui ne fait pas de cadeaux aux neuroatypiques.

Maman solo, la tête sous l'eau

Au milieu de tout cela, je suis une maman solo très souvent submergée : le travail, les besoins de mes fils, la maison, et pas de famille autour de moi pour me soutenir. Parler de leurs différences, de la richesse qu'ils apportent dans nos vies, leur permet d'exister et d'être considérés avec tout ce que leur singularité présente.

Comprendre leurs besoins et leur fonctionnement est indispensable — pour eux, pour nous parents, mais aussi pour l'ensemble d'une société qui a beaucoup à gagner en s'ouvrant à la diversité.

Un appel aux autres parents

Alban a bientôt 20 ans, et sa colère, ses non-dits me déroutent. Je n'ai pas les clés pour comprendre son malaise et l'épauler comme je le voudrais. Nous souffrons tous les deux. Peut-être que d'autres parents vivent une expérience comparable. Je suis à l'écoute de tous ceux qui ont su, de leur côté, désamorcer ces moments de crise douloureux.

Angélique

Angélique est la maman d'Alban, bientôt 20 ans et Asperger (NDLR : autiste sans déficience intellectuelle) qui selon ses mots est "parfois bien malheureux de comprendre le monde et les relations aux autres si différemment".

Retrouvez d'autres témoignages dans notre rubrique dédiée :

La vie avec l’autisme : témoignages | La lettre d’Ulysse
Cette section regroupe des témoignages envoyés par nos lecteurs, parents, professionnels, ou personnes autistes. Ils sont issus de la rubrique “Entre Nous” de la newsletter ou ont fait l’objet d’une édition dédiée. Ecrivez-moi à simon[@]ulysse-autisme.com, et votre texte pourra être publié ici.

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La lettre d'Ulysse ouvre parfois ses colonnes à d'autres personnes que son auteur principal, pour favoriser la diversité des points de vue.

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